Education de masse

 

Tu sais à quel point j’aime mes enfants. Les 4. Beaucoup. Très fort. Hummmm très très fort. 

Mais là, il est temps, grand temps que l’école reprenne. 

Mais si je les aime, je l’ai dis plus haut.

Juste que j’en ai marre de ramasser tout derrière elles parce qu’elles n’ont toujours pas intégré que cette maison ne se nettoie pas d’une manière magique. Que les vêtements ne volent pas d’un coup de baguette à traver les pièces, se lavant, séchant, se repassant et se rangeant seuls. Les pantalons ont beau avoir 2 jambes et les tee-shirt deux bras ou deux bouts de bras, jamais ils ne s’en servent !

Parce qu’ils n’ont pas de cerveau !

Au contraire des mes enfants. 

Mais qui comme tous les enfants, je le sais bien, je connais les autres, ont l’oreille selective et font barrage à certaines infos. Généralement tout ce qui commence par 

 » Dis, tu ferais bien de… »

C’est assez impressionnant à voir et j’envisage de lancer une étude scientifique sur le sujet.

Fille ainée, 11 ans, n’a plus l’air de maitriser l’usage du sac à linge. 

Je te promets ! Pourtant c’est pas compliqué il suffit de mettre ses vêtements DEDANS. Bah non, elle c’est à côté, vaguement dessus, quand déjà c’est dans la pièce et qu’à ce moment là il faudrait faire péter les applaudissements et la hola. Parce que sinon elle a deux autres options :

– laisser son linge, en boule forcément, sur le marbre devant sa cheminée. Elle imagine peut être qu’en le laissant là il va être plus frais le lendemain ? 

– le balancer dans les premières marches de l’escalier qui méne au 2e. Puisque l’espace buanderie ( rhooo je me la pète pas du tout!) est au 2e étage (mais enfin pourquoi ??? Y avait pas assez de place ailleurs peut être ???). Du coup, en montant je le ramasserai. 

Niveau débarrassage de la table, je dois dire qu’elle est aussi au top. Elle aide. Un vrai régal.

Les grands jours elle me glisse son assiette sous la mienne et ses couverts au dessus. Pour que je ne fasse qu’un seul voyage. C’est mignon non ? 

 

Et on s’étonne que j’ai poussé la gueulante de l’été après abandon du paquet de pim’s orange sur la table basse ce matin ( mon ainée abandonne aussi les paquets de gâteaux, les mouchoirs, son cartable, ses livres, ses dessins, ses chaussures …),que Juliette, qui se met maintenant debout tout le temps, a récupéré en 10 secondes et emietté religieusement sur le tapis, son pyjama, le parquet, ses mains, la table basse. Et si tu as déjà essayé d’émietté un pim’s avec son morceau de truc orange qui colle à l’intérieur, tu sais que ça ne s’émiette pas. Ca colle partout ! Absolument partout. 

Forcément j’ai vu rouge. 

J’ai gueulé ! 

Fort.

J’ai encore mal à la gorge.

Ca commence à bien faire les conneries !

Des mots comme  » je ne suis pas la bonne »  » si vous êtes capable de faire le chemin placard de cuisine canapé, vous êtes techniquement capable de faire le retour ! » « C’est assez grand à nettoyer, pas assez pour se perdre » « A vos âges on peut quand même vous demander de ranger ce qui vous sortez,puisque vous l’avez sorti seule ! »  » Et débarasser votre assiette » « Et ramasser vos mouchoirs » « Et mettre votre linge sale DANS le sac à linge »

Tout ça à un niveau sonore assez elevé pour que tout le quartier aujourd’hui ai débarassé son assiette, mis son linge sale dans le réceptacle adapté et ramassé ses mouchoirs. 

A mon avis, je vais bientôt recevoir des fleurs de mes voisines qui vivent la même chose. J’aurais gueulé à leur place. C’est mon côté généreux. 

L’éducation de masse que ça s’appelle.

 

Vivement la semaine prochaine ! Que je découvre avec l’emploi du temps de Ninon combien d’après midi tranquilles il me restera avec le collège. Déjà qu’on me sucre mes grasses matinées du mercredi matin. Bah oui, tu crois quoi toi ? Qu’elle va se lever toute seule la presqu’ado ? Pour être au collège à 7h50 ? Ouais bah ça se voit que tu vis pas avec elle !

 

Ninon a hérité du gêne de son père « optimisme de l’horaire » qui dit que tant que l’heure n’est pas arrrivé tout est possible. 

 

Je réveille Olivier tous les jours pour aller bosser. Il dit qu’il entend pas le réveil. Ma voix mélodieuse  » putain Olivier il est 8h30 là faut envisager de se lever peut être » sur un ton cajoleur lui font plus d’effet.

 

Comprends pas.

 

J’en viens à me demander si je préfére pas les vacances finalement.

 

Nannnnnnnnnn. Je vais retrouver ma copine de shopping en tête à tête et tout le mois de septembre sera consacré à notre activité favorite : faire les magasins !! 

Hein Juliette que tu aimes faire les magasins ?! Mais siiiiiiiiiiiiiiiiiii tu aimes ! La poussette, la clim’, les couleurs, la musique ! 

J’ai fais du repérage, la carte bleue va mourir. Mon banquier aussi. 

 

Tant pis !!!

Les ballerines de Juliette

Elles m’en auront fait voir ces ballerines. Commencées le mois dernier avant de partir pour Pornic. La première des deux finie était fort laide. Mal équilibrée, mal surpiquée. Immettable. J’avais remballée la deuxième en cours de montage. Dégoûtée. 

En me disant que ça finirait sûrement à la poubelle.

 

Et puis, parce que pas forcément douée de mes 10 doigts, je n’en reste pas moins persévérante. Il n’y a d’ailleurs que comme ça que j’arrive à progresser, doucement, certes, mais y a du progrès. J’ai repris les ballerines il y a deux jours. J’adore ce cuir rose. Du cuir, du rose. Comment veux tu que je résiste hein ? 

Je louche d’ailleurs sur au moins 2 blousons en simili cuir rose pour cet automne. Depuis que j’ai découvert, après essayage, que ça m’allait tellement bien ces trucs là, je suis prête à décliner toutes les couleurs. 

 

Il faut donc bien que ma fille soit assortie à sa mère. 

 

Nous allons tous virer glam’rock pour 2012/2013. Ninon a déjà plus qu’entamé le virage, je la suis de près. Maïa et Valentine, y a du taf pour rattraper les autres et Juliette a déjà l’attitude. 

Et les ballerines.

Parce que c’est du cuir, et qu’il est rose.

Donc glamour.

 

J’ai suivi à la lettre le montage, j’ai rajouté une étape qui m’a tout bonnement simplifié la vie pour un résultat nettement plus propre. Et voilà de quoi Juliette sera chaussée jusqu’à ce que ses petits pieds ne rentrent plus ou jusqu’a ce qu’il faille lui mettre des chaussettes.

 

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Ballerines  » A petits pas »

Cuir rose http://shop.petitsmots.net/fr/

Pressions  http://www.trezh-babig.com/

 

Oui il y a encore des progrès à faire, mais elles sont au moins mettables et pour une fois la photo n’est pas horrible !

 

Le défi un par jour, peut être pas encore, mais un tous les 2 jours. On se rapproche !

 

Maintenant il faut je me penche sur le prochain projet.

la liste

C’est pas que l’athmosphère est lourde au 13 mais un peu quand même.

Je veux dire, à force de devoir expliquer que Juju d’amour est gravement malade, que ça se voit pas, que ça se verra, que l’avenir est tout pourri, mais qu’on s’en sortira quand même. Etc etc. Ca fini par nous porter sur le moral.

Bah oui quand même un peu. Et comme j’ai même plus de place dans le congél pour me lâcher sur une bonne crème glacée et que de toute façon je ne traverserai pas le jardin pour y aller, jusqu’au congél, il faut bien que je trouve une autre occupation pour remonter le moral des troupes. C’est à dire le mien. 

Pour l’homme, on a fait une grosse dépense parait il utile…Un logiciel de musique qui fait tout, sauf la crème glacée et le café. Enfin pas loin. A ce qu’il m’a dit. Moi tu prononces le mot logiciel, déjà j’ai arrêté de comprendre. Ca marche aussi avec « équation » « angle obtus » « tête de delco » « moteur a explosion » et j’en passe. 

Mais il dit, l’air confiant qu’avec ça il va pouvoir super bien travailler. J’ai pas osé lui demander quand. Rapport que j’aimerai assez, aussi, que son logiciel fonctionne au moins une fois avant qu’il soit obsoléte. Ca sent le vécu hein ?!

 

De mon côté, il faut bien avancer aussi. Et utiliser la pièce qui m’est reservée. Et point de jaloux, l’homme aura la sienne courant 2013. Bon ok, 2014 peut être. Il faut JUSTE débarassé le grenier. Qui ressemble à s’y méprendre au tonneau des Danaïdes, en sens inverse…Plus on le vide, plus il se remplit ce fichu grenier. Y a un truc mystérieux là dedans. 

Mais là il fait trop chaud pour seulement y penser. Un jour, ce sera une pièce. Ca me parait impossible, mais je vais me remémorer les photos de la salle de bain des filles pendant travaux. Ca ne me paraissait pas possible qu’on puisse un jour se laver dedans. Et pourtant !!! 

 

Je m’éloigne encore du sujet de base : faire quelque chose de mes 10 doigts. Quelque chose de positif, quelque chose qui fait du bien. Et pour optimiser un peu la productivité et vérifier que l’atelier est hyper fonctionnel, j’ai fais une liste des choses à faire en septembre.

Certes on est mi août. Mais euh, d’ici début septembre, j’aurais peut être réussi à sortir des trucs montrables. Sait on jamais. 

Alors sur la liste j’ai mis :

– un vêtement pour chaque fille. J’ai eu envie, dans une note d’optimisme délirant, de noter une tenue par fille. Je me suis retenue ! Oufffffffffffff

– l’album de naissance du petit Jules de ma super copine d’amour. J’ai déjà commencé, il faut que je réattaque.

– une paire de chaussons en cuir pour Juliette. J’ai un peu utilisé tout le cuir « kivahavectout », il me reste plus que des couleurs très, je cherche mes mots, hummm, exotiques. Dont un turquoise très étonnant. J’avais du boire le jour où je l’ai commandé. Ou j’ai encore eu une lubie de  » je suis sûre que j’en ferais un truc in-cro-ya-ble ! Mais ou pas ! Ou pas , comme toujours.  Je vais devoir recommander des couleurs plus neutres. Et du coup j’aurais assez de cuir pour lui faire des chaussons jusqu’à ses 15 ans. Elle va être contente Juju !

– un tableau « Menu » pour la cuisine. Un truc d’organisation que j’ai épinglé sur pinterest qui me fait bien envie pour éviter la répétition des repas et l’eternel casse tête du menu. Je le ferai, je te montrerai, et même je te dirai si ça aide ou si c’est (encore) une idée plus ou moins à la con.

– un tableau pour les wc du bas. Une autre lubie épinglée sur pinterest. 

– 2 petits berlingots pour la salle de bain des filles pour ranger les élastiques et les pinces plates. Ninon s’est découvert une passion pour la coiffure. C’est qui qui fait la tête à coiffer hein ? Bah oui c’est moi. Je ne peux pas coudre ET me faire coiffer comme Bella lors de son mariage avec Edward. Aujourd’hui il me manque que la robe de Bella, sa silhouette, Edward. Pas grand chose quoi.

– des coussins pour les ceintures de sécurité, pour éviter les ballotements de tête pendant les longs trajets. Encore un truc dégoté sur pinterest… Accro moi ??????????? 

– et puis, si le coeur m’en dit et que le temps le permet, je me lancerai bien dans un album « project life » en scrapbooking. C’est un projet d’assez grande envergure au niveau du travail que ça demande, mais ça me fait très très très envie. Et comme on marche plutôt en année scolaire au 13, ce serait pour le commencer dès septembre.

 

Petite liste ! Grandes ambitions ! Je ne pense pas que j’arriverai au bout en septembre. Ca devrait courir jusqu’en février. Mais qui ne tente rien !

Et puis si j’y arrive, je serai fière de moi, je tiendrai peut être le défi « un par jour » qui lui aussi me tient vraiment à coeur.

 

Oh mon dieu, j’ai été tentée de te mettre une phrase de conclusion comme on en trouve plein sur facebook avec des trucs qui clignotent et des paillettes !!! Un truc tel que  » c’est dans l’adversité que… » 

 

On va rester sur mon très habituel « advienne que pourra » !

 

J’ai une nouvelle paire de ballerines pour Juliette sous l’aiguille. J’essaye de la sauver de la poubelle. C’est pas gagné. Peut être des photos bientôt.

Guide d’usage à l’attention de notre entourage

Je n’ai pas pu hier venir faire le point comme je le souhaitais. Trop occupée.

Oui oui, ça m’arrive.

J’ai aussi cherché le ton à employer pour écrire cette « petite » mise au point.

 

Je n’ai pas encore décidé. Les mots viendront comme ils viendront, et je te semblerai peut être agressive, aigrie, désagréable, à côté de la plaque, pas tellement sympa peut être. Je ne m’en excuserai pas.

 

En premier lieu, je vais t’expliquer ce qu’a Juliette. 

Et même avant ça, je vais te demander de ne pas me contredire on invoquant qu’on a pas encore le diagnostic définitif. Crois moi, je l’ai depuis des semaines. Je le sais, je le connais.

Juliette a donc une maladie génétique rare : l’anémie de Fanconi.

Qui n’a d’anémie que le nom. Aucun rapport avec un manque en fer quelconque. Ma fille a hérité de ses 2 parents (qui l’ignoraient) un gène defectueux. Une minuscule erreur sur une minuscule particule.

De là, vont découler des conséquences peu réjouissantes.

Actuellement il n’y a que quelques manifestations physiques, esthétiques même. Des petits yeux, une plus petite tête que la moyenne, des tâches sur la peau et une petite taille. Si tu es un lecteur régulier tu l’as déjà lu 50 fois.

Mais dans quelques années les manifestations seront plus lourdes, plus sourdes aussi. Invisibles.

Sa moelle osseuse va peu à peu arrêter de fonctionner. Elle tombera en aplasie médullaire. Des gros mots pour décrire un état pré-leucémique. 

Il lui faudra alors une greffe de moelle osseuse pour sortir de ce guêpier. Une toute nouvelle moelle pour affronter le reste.

Parce que l’anémie de Fanconi c’est une maladie Kiss Cool ! Première effet : la leucémie ou son équivalent, deuxième effet kiss cool : les cancers !

 

Si si, les cancers. Cancer ORL, cancers féminins, cancer, cancer, cancer.

700 fois plus de risques que n’importe qui sur cette planète. 700 fois. 

A partir de l’âge de 10/12 ce sera un suivi tous les 6 mois chez les spécialistes d’un peu tout pour vérifier qu’aucune lésion pré cancéreuse ne s’installe quelque part. Parce que pour corser le tout, les Fanconi ne répondent pas bien voire pas du tout aux chimiothérapies. Il existe en gros une seule arme à ce jour contre les cancers : l’ablation de la lésion/tumeurs. 

Voilà de quoi mon bébé est atteint. 

Et parce qu’il est très important pour moi de le notifier, si sa tête est plus petite que la normale, elle n’a strictement aucun retard mental. Elle marchera, sautillera, tapera des pieds pour faire des colères, criera aussi fort que les autres, s’enfuira en courant, m’enverra bouler comme les autres, ira à l’école. Elle sera aussi normale que toi ou moi. Et à part un physique un peu chétif, elle n’a et n’aura aucune malformation. 

 

Si tu nous croises dans la rue demain, enfin plutôt la semaine prochaine vu les chaleurs, là on sort pas. Donc si tu nous croises dans la rue, tu ne peux pas deviner la gravité de la situation qui se joue dans son petit corps. Personne. C’est même un bébé très attirant, souriant, pétillant, sociable. Ma fille est une boule d’amour.

 

Et puis parce qu’on se demande ce qu’on peut me dire ou ne pas me dire, je vais te faire une liste, de ce que je refuse d’entendre sous peine de se prendre ma main à travers la gueule ou une reflexion fort désagréable, parce qu’à un moment ça commence à bien faire :

– « mes pauvresssssssssssss » associé à un air plus ou moins condescendant. Nous ne sommes pas pauvres putain ! Pas besoin de pitié ou d’une charité quelconque. 

– » 1 chance sur 4 et ça arrive à la 4e, on peut se demander quand même… » Pardon ??? Oui 1 risque sur 4 et c’est tomber sur la 4e. C’est comme ça, ça s’appelle le hasard. Le risque sur 4, ça marche aussi pour le 1er, 2e, 3e, 12e … 

–  » Ca va ? » « oui, ça va », « hummmmmmmn non je crois pas, ça me parait pas possible avec ce que vous traversez! »

avec son pendant 

–  » Ca va ? » « non, là aujourd’hui non, ça va pas  »  » hummmmmm mais enfin il faut avoir confiance en l’avenir, la recherche, il faut pas se laisser abattre hein ! Il faut faire preuve de courage. Vous ne pouvez pas baisser les bras devant cette pauvre petite »

 

Certains jours on va bien, la maladie ne nous bouffe pas tout notre energie, on rit, on parle, on vit comme tout le monde. Ces jours là, on a pas besoin qu’on nous rappelle que ce qu’on traverse est un cataclysme. On le sait déjà. 

Certains jours on ne va pas bien. Parce qu’on a du mal à encaisser d’avoir mis au monde un enfant et de lui offrir cette vie là. Les ponctions de moelle annuelles ( la première aura lieu le 27/08), les prises de sang trimestrielles pour détecter les premiers signes d’aplasie médullaire, l’année de la greffe qui sera un enfer à traverser et la suite si elle survit jusque là. Parce qu’il est question de ça. Aussi. De son espérance de vie de 22 ans actuellement. Et que oui ça nous pèse. Oui ça nous fait mal. Et plus que ça encore. Alors oui parfois on ne va pas bien.

Et ces jours là, la recherche qui avance, le courage qu’il faut, l’optimisme à garder et le p’tit coup de pied quand on a touché le fond pour remonter. On le collerez bien au cul de l’indélicat optimiste le petit coup de pied. Juste pour se détendre…

Mais on encaisse. On encaisse les conneries de toutes sortes, les regards, les enfonçages de porte ouverte. On encaisse parce qu’on ne veut pas paraitre aigri, enfermé dans notre douleur, replié. On encaisse, on acquiese et on soupire.

 

Alors tu vas demander ce qu’on peut bien nous dire putain ! Sont tellement susceptibles ces parents de malades.

 

Absolument pas ! 

 

On ne demande pas une oreille attentive 24h/24, on a pas envie de s’étaler toute la journée sur ce qui nous tombe sur le coin du nez. Quand on va bien, et c’est très souvent le cas, on veut juste qu’on aille bien avec nous, qu’on parle des vacances, des projets, des enfants, de l’école, de cuisine, des amis bizarres, des parents chiants, des gens gentils, des cons qu’on a croisé un peu partout. On va bien. On ne nous parle pas de la madie, c’est tout.

 

Quand on va mal, si on vient le dire, nous laisser aller mal. Evacuer tout ça pour mieux repartir. Comprendre que ces jours là, la recherche on s’en fout. Le courage on ne l’a pas, et on sait pertinnement que c’est bon pour aucun membre du 13 de nous voir dans cet état. Pas besoin de nous rajouter une couche de culpabilité. On en a bien assez comme ça.

 

Il est egalement asbolument insupportable de remettre en question nos décisions au sujet de la prise en charge médicale de Juliette. NOUS FAISONS CE QUE NOUS POUVONS. Nous obtenons parfois des rdv qui semblent très loin. Mais, même en nous le faisant remarquer, nous ne pouvons pas aller braquer les grands hopitaux parisiens, ni enfoncer les portes avec une voiture bélier. Nous prenons notre tour et si on ne nous fixe pas un rdv plus rapidement ce qu’il n’y a pas d’urgence. 

Juliette est maintenant prise en charge à l’hopital pour enfant Robert Debré à Paris. Un hématologue pédiatrique spécialisé dans sa maladie coordonnera son parcours. 

Alors tous les « mais tu penses pas que… »  » quand même c’est très tard tout ça… » et autres propos culpabilisateurs à forte teneur sous entendu de  » si c’était le mien, ce serait une autre chanson » je n’en veux pas. Tu ferais peut être mieux si c’était le tiens, mais le fait est que c’est ma fille qui est malade, et que je fais ce que je peux (bis repetita) avec la digestion de la nouvelle, la peur, l’envie d’avancer, l’horreur, la culpabilité, le manque de sommeil et l’instinct de survie cheviller au corps.

 

Juliette est malade. Mais avant tout ça, Juliette est une petite fille de 10 mois pleine de vie, qui ne vivra pas que d’hémogramme en ponction de moelle. Elle vivra de premiers pas, de chocolat sur les doigts, de gommettes étoiles rose qui brillent. De petites robes en gros bobos, de calins en colères, de première rentrée en rhumes. Juliette a une vie. Sa vie, à faire. Et notre rôle à nous, comme pour nos autres filles, c’est de l’accompagner. De l’aider à devenir une adulte responsable et bien dans ses baskets.

Je ne sais pas si nous pourrons aller jusque là avec elle, mais c’est notre objectif. Parce qu’il faut bien choisir une voie. Et que  nous avons choisi celle de la vie. Celle qui consiste à penser coûte que coûte que notre enfant à un avenir. Elle aura donc la même éducation que les autres, entendra autant de non à ses demandes de jouets, babioles, bêtises. Entendra qu’il lui faudra attendre Noel, son anniversaire, une occasion particulière pour obtenir, en partie, ce qu’elle veut.

Nous n’allons pas nous comporter avec elle comme si elle était condamnée demain et qu’il faut absolument tout vivre avant qu’il ne soit trop tard. Se précipiter de vivre me semble être se précipiter à mourir.

Une dernière chose avant de finir. Je ne veux pas entendre parler de Dieu, d’aucune religion que ce soit. Dieu n’a rien à voir là dedans et nous n’avons pas de croyances au 13. Nous avons peut être tort. Nous changerons peut être d’avis. Si certains souhaient prier pour nous, qu’ils prient, mais je ne veux pas le savoir. Je préfére entendre qu’on pense à Juliette. 

Tel que je ne pourrais jamais entendre que c’est une « punition » de Dieu, ou une épreuve. En gros que nous « méritons » ce qui nous arrive, puisque rien n’arrive jamais par hasard. Si vraiment nous étions puni ce serait nous, Olivier ou moi qui serions malades aujourd’hui, pas notre fille qui n’a strictement rien pu faire pour mériter cette maladie.

 

Je ne ferai pas cette mise au point tous les jours. Je ne parlerai pas constamment de la maladie de Juliette. Ce blog va reprendre son cours normal, ses petits bricolages, ses gros travaux, ses péripéties de la vie normale, et de temps en temps, comme ça il y aura des nouvelles de Juliette.

 

La vie est dure, et il faut la prendre comme elle vient.

Ré-ouverture après travaux (bourré de trop de photos)

Et oui ! C’est fini ! L’atelier de la dame du 13 a fait sa réouverture officielle hier soir !

 

Ca a pris bien plus de temps que prévu, rapport que comme toujours on a eu des imprévus à gérer. Et que pour rester dans notre karma tout pourri, l’imprévu a été le décès de la grand mère de l’homme. La maman de son père qu’il a perdu il y a 18 mois. 

 

Donc retour très avancé de Pornic, en catastrophe tu penses bien, pour lui dire un dernier adieu et organiser la suite. 

 

Pour se changer un peu les idées on a bricolé sur mon bureau/atelier, mis des choses en fabrication, etc etc. Mais ce n’était pas finalisé.

 

Et après tout ça, histoire de continuer sur notre lancée de la loose, nous sommes allés au rdv de Juliette à Robert Debré. Mais ça, je t’en parlerai demain plus en détails. Demain ou dans les jours à venir. Le temps que je trouve les mots justes parce que je ne le ferais pas 2 fois.

 

Revenons en à nos moutons et fouillons les archives photos de cette maison pour faire un avant/après presque digne de ce nom.

 

L’atelier quand nous avons acheté la maison c’était ça :

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Oh la belle pièce ! La belle moquette, le papier joli, le radiateur hyper design et l’aménagement ultra moderne en « dressing ». Nul doute que c’est pour cette pièce que nous avons acheté la maison… Ou pas

 

Et puis il y a eu la première version de mon atelier, quand j’ai commencé à faire des choses de mes 10 doigts. Quand je trouvais que j’avais déjà beaucoup de matériel …

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Mais déjà il y avait du changement. De papier peint déjà, pour une version féminine mais pas rose. Oui je sais c’est fou ! Le parquet récupéré, quelques meubles effet patchwork pour tout ranger. Un vélo porte manteau…

 

Et puis, j’ai commencé réellement la couture, réellement le scrap aussi, réellement tout quoi. Et je me suis équipée de plus en plus. D’une nouvelle machine à coudre suivie d’une surjeteuse, de tonnes de matériel de scrap’. Alors j’ai du changer de bureau pour une surface plus longue et plus pratique, j’ai changé la desserte pour une commode pleine de tiroirs pour tenter de ranger mes km de tissus et j’ai récupéré un présentoir à papier pour mes papiers de scrap. Ce qui donnait ça :

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Tout est rempli, y a plus de place ! C’est la galère. Je finis par coudre et surjeter sur un carré de bureau blanc à gauche du clavier. Impossible de mettre la surjeteuse à côté de la machine à coudre. Je dois en poser une par terre pour utiliser l’autre. Ca m’enerve au plus haut point. J’ai mal au dos à chaque fois. Ras le bol, donc couture au ralenti dû à l’organisation impossible. Donc bloguage au ralenti, etc etc. Tout ça à cause d’une mauvaise organisation ! Nan mais je te jure !

 

Et aujourd’hui ça donne ça :

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Le présentoir à papiers à laisser sa place un petit bureau informatique ikea et 3 étagères ikea aussi. Comme ça l’ordinateur ne bouffe plus tout l’espace de travail. La surjeteuse et la machine à coudre sont branchées en continu, prêtes à servir. L’une à côté de l’autre pour encore plus de praticité. Tu me crois, tu me crois pas, ça change TOUT !

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La commode à tissus et mercerie diverse et sa petite planche à repasser (ikea forcément) qui sera complétée très vite de son fer à repasser. Comme ça la feignasse absolue que je suis ne zappera plus l’étape « ouverture des coutures au fer » et « marquage des plis », et j’en passe, rapport que la table à repasser et la centrale vapeur sont au rez de chausée et que mon atelier est au 2e étage de la maison. Des finitions plus soignées, tout ça grâce à une meilleure organisation ! La classe je te dis !

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Le porte bobines de compét’, fait maison selon le tuto très bien fait ici:

http://lilipirouette.canalblog.com/tag/porte-bobines

 

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Poste informatique, avec l’imprimante photo qui trouve enfin sa place ailleurs que par terre.

Meuble ikéa, etagères ikéa, mais qui datent. J’ai été faire mon marché dans le grenier, ça ne me coûte (plus) rien et ça fait de la place.

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Les câbles scotchés pour ne plus avoir à se boussiller le dos à chaque fois que je veux brancher une clef USB ou transférer des photos. Ou m’enerver que j’arrive pas à trouver ce fichu câble à la con. Encore un truc qui prend 30 secondes et facilite la vie.

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Forcément, une réorganisation de la pièce ne pouvait se faire sans y intégrer une étagère plate à mettre derrière la porte !!! C’est l’évidence même ! Et voilà tous les livres de coutures et les patrons en pochettes ont enfin trouvé leur place et sont facilement accessibles. Dans le meuble blanc, c’est toujours blindé au possible de matériel de scrap’. Je ne sais pas exactement comment j’arrive encore à ouvrir et fermer les tiroirs, et même les portes coulissantes…Les piles de tissus qui ne rentrent pas dans la commode dédiée envahissent peu à peu l’espace encore dispo du meuble. 

Pour rappel le tuto pour fabriquer l’étagère plate toi même de tes petites mains, hyper pratique et qui coûte pas un bras est là :

 

http://stecolargol.over-blog.com/article-33240056.html

Lance toi si tu en rêves, c’est simple et très rapide à faire. Moins long que certains montages de meubles en kit. 

 

 

Et voilà comment avec beaucoup de récup, un peu de bois et de peinture, un mari gentil et disponible, du bon sens on arrive à réorganiser un atelier pour une centaine d’euros. 


Si avec ça je n’arrive pas à remplir plus régulièrement le blog, c’est qu’il n’y a plus rien à faire pour moi, je serai une cause perdue.


Je te dis à très bientôt et je te préviens tout de suite, ce sera nettement, mais nettement moins léger comme article.